POLICE NATIONALE

Les Gendarmes ont le moral à zéro

mercredi 7 janvier 2009

Rédaction de France Info - 29 novembre 2007 - 06:09

Salaires, conditions de vie et de travail, manque de reconnaissance, comparaison avec la police… Les motifs de mécontentement des gendarmes, pointés par deux rapports internes sans concession, sont réels et durent depuis des années. Enquête et témoignage… Les gendarmes ont le blues. Cela fait des mois, voire des années, que le malaise est palpable. En 2001 déjà, sous Jospin, les épouses des gendarmes étaient montées au créneau car les militaires, eux, sont soumis au devoir de réserve et n’ont le droit de s’exprimer ni dans les médias ni par une quelconque voie syndicale. Mais la colère gronde de plus en plus, sur les blogs notamment où les gendarmes peuvent s’exprimer sous couvert d’anonymat. Mieux. Deux rapports rédigés par des patrons de casernes montrent à quel point les troupes ont le moral en berne. “Depuis le précédent rapport élaboré en 2006, le moral des militaires de la compagnie d’Auch (…) continue de suivre une courbe défavorable. Il se dégrade toujours et très rapidement”, écrit le capitaine Bernard Carbonel Rico, commandant du groupement du Gers. En Bretagne, le colonel Philippe Henry juge, dans son rapport, le moral des troupes “très moyen à assez mauvais”. “La crise de confiance dans l’institution est assez forte. Les militaires estiment tout à la fois manquer de reconnaissance et de considération”, poursuit le gradé. Sentiment d’injustice vis-à-vis de la police. Comme ils remplissent des missions identiques, parfois même ensemble, les militaires sont évidemment tentés de comparer leur situation à celle de la police. Là où le policier peut récupérer ses heures supplémentaires, l’impression d’être taillable et corvéable à merci domine chez le gendarme dont les journées de 13, 14 ou 15 heures ne sont pas rares, comme en témoignage, anonymement, ce gendarme en brigade depuis une vingtaine d’années.

Florence Samson - Jean-Yves Fontaine - © PUF

Et les dix pages du rapport Carbonel Rico d’égréner les autres raisons de la colère : la promiscuité de la vie en caserne et la difficulté à "décrocher", même les jours de congé ; les logements parfois insalubres ; les salaires et l’avancement, la perte de l’espoir suscité par la nouvelle grille indiciaire ; les restrictions sur les frais de déplacement qui arrivent “à la limite du ridicule” ; les objectifs chiffrés ; les réquisitions sur mission au profit d’autres administrations (comme la Justice), engluées dans les 35 heures… Une pression qui pousse des “grands costauds de 35 ans” à fondre en larmes devant des collègues et à s’épancher de plus en plus souvent sur le blog "Gendarme et citoyen" que tient Jean-Claude Seguin.

Le ras-le-bol général touche bon nombre des 105.000 gendarmes en poste. Et contrairement à leurs aînés, les nouvelles recrues ne sont pas prêtes à sacrifier leur vie familiale à leur carrière. Nul doute que Nicolas Sarkozy ne réussira pas dès demain (lire notre article) à répondre à toutes ces attentes et à résoudre la quadrature du cercle.


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