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Le candidat
Née en Guyane, le 2 février 1952,
Christiane Taubira est la sixième d'une famille de
neuf enfants. Deux ans après le bac, elle s'inscrit
à l'université d'Assas (Paris II) en sciences
économiques. Elle décroche un doctorat dans
cette matière, mais aussi une licence de sociologie
et le certificat d'études supérieures
d'ethnologie. « Notre devoir à tous, le retour au pays
». Christiane Taubira reprend à son compte ce
mot d'ordre des étudiants des Dom-Tom. En 1979, elle
retourne en Guyane. Elle est alors directrice de l'Office de
coopération économique de l'espace
caraïbe. La jeune femme se fait remarquer en 1990 lors
d'un débat radiotélévisé sur la
pêche. Poussée par ses compatriotes, elle se
présente aux élections législatives en
1993. Christiane Taubira devient député de Guyane
à la tête du Walwari, le parti qu'elle a
créé. Elle sera réélue en 1997.
En 1994, elle décroche le mandat de
députée européenne, sur la liste
Énergie radicale de Bernard Tapie. Elle part
aussitôt en Afrique du Sud, comme observatrice des
premières élections multiraciales. C'est elle qui a fait adopter la reconnaissance de la
traite négrière et de l'esclavage comme crime
contre l'humanité par le Parlement français en
2001. Mais Christiane Taubira s'est aussi battue pour faire
interdire les mines anti-personnels. Elle a également
participé au sommet des femmes de Pékin et de
Marrakech. Enfin, la députée européenne
est rapporteur pour l'environnement et le
développement durable entre l'Union européenne
et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). À l'Assemblée nationale, Christiane Taubira
a rejoint le groupe RCV (Radicaux, Citoyens, Verts). Elle a
ainsi pu devenir la candidate du PRG, sans en être
membre. Une candidate symbole d'une France plurielle, au
sein d'une République fraternelle.
Son programme pour la sécurité
RESUME : Il n'y a pas lieu de renforcer la
législation pénale répressive.
L'insécurité ne baissera que par la solution
des problèmes d'urbanisme, d'éducation et
d'emploi. Il faut aussi mener une réflexion sur la
politique en matière de toxicomanie. LE PROGRAMME POUR LA SECURITE : JUSTICE, LIBERTE, SURETE : UNE REPUBLIQUE RASSURANTE L'égalité républicaine consiste en
l'égalité des droits et des chances de tous
les citoyens, non en une égalité des
situations. Elle est un principe de justice, non
d'uniformité. La justice est garante des grandes libertés
publiques, qui doivent être réaffirmées
et approfondies. Elle est garante aussi de la
sûreté, qui doit être d'abord celle des
personnes. Entre une république rassurante et un Etat
sécuritaire, choisissons résolument la
première. Si le principe d'autorité,
légitime dans les institutions publiques, doit
être proclamé sans hésitation, il faut
dire aussi que, dans le contrat républicain, la
légitimité de l'autorité est à
l'exacte mesure de la liberté des citoyens. Une justice indépendante, égale pour tous,
respectueuse de la dignité humaine Le Conseil Supérieur de la Magistrature doit
être élu par les seuls magistrats et son
Président désigné par ses membres. Toutes les immunités judiciaires et tous les
privilèges de juridiction doivent être
supprimés, ce qui implique un statut pénal de
droit commun pour les autorités exécutives de
l'Etat et la suppression de la Cour de Justice de la
République au profit d'une Chambre
spécialisée de la Cour de Cassation. La procédure pénale doit garantir la
stricte égalité entre l'accusation et la
défense. Les mesures de substitution à l'emprisonnement
doivent être multipliées : travaux
d'intérêt général, mesures
éducatives en milieu ouvert, mesures de
contrôle judiciaire, suivi médicosocial. Des libertés renforcées, des
libertés nouvelles La liberté d'association politique et les
conditions de l'égalité entre les partis
(financement, accès aux media, traitement égal
par toutes les institutions publiques) feront l'objet d'une
législation particulière La liberté syndicale sera modernisée pour
parer à la crise de représentativité.
Le vote syndical obligatoire pourrait être
expérimenté. La liberté de la presse ne peut plus s'accommoder
d'une concurrence purement économique qui la nie
quotidiennement. D'autres voies devront être
explorées : limitation renforcée des
concentrations, prohibition de la participation des
concessionnaires de services publics et des titulaires de
marchés publics au capital des entreprises de presse,
entrée aux conseils d'administration des
représentants de lecteurs et d'auditeurs. La libre disposition de son corps par chaque individu
fait partie du droit à la sûreté. Elle
englobe le droit à l'information totale sur sa propre
santé, l'élaboration d'un code éthique
des biotechnologies et de leur application à la
médecine. La garantie des droits et des libertés à
l'encontre de pratiques discriminatoires doit être
renforcée. Devrait être en particulier
créé un délit d'homophobie, la pratique
de l'outing devant être par ailleurs proscrite, nul
n'étant fondé à révéler
l'orientation sexuelle d'un citoyen sans son consentement,
sauf cas de crime (pédophilie, viol, etc..). La sûreté publique au plus près des
citoyens Des comités de la sûreté civique sont
à créer pour chaque ville, pour chaque
arrondissement dans les métropoles et pour chaque
canton en milieu rural. Associant les élus locaux,
les forces de sécurité et les associations de
proximité, ils feront l'inventaire permanent des
questions de sécurité et des moyens de
prévention de la délinquance. Ils adresseront
un rapport annuel au représentant de l'Etat dans leur
circonscription. Ils auront un représentant
permanent, assermenté comme médiateur, dans
tous les locaux de police. Des médiateurs locaux assermentés et
rémunérés par le Ministère de la
Justice pourront constater les atteintes mineures aux biens
et, lorsque les auteurs en seront inconnus, proposer une
indemnisation par l'Etat. La procédure de
constatation et d'indemnisation sera civile. La dépénalisation de l'usage et la
législation contrôlée des drogues
douces, à mi-chemin entre un prohibitionnisme en
échec total et une libéralisation sans
règle et irresponsable, contribuera à diminuer
la délinquance par le tarissement financier de
l'économie clandestine de la drogue. A ces conditions, l'arsenal répressif actuel,
particulièrement l'ordonnance de 1945 sur les
mineurs, n'a nul besoin d'être renforcé.
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